Au Cameroun et en République démocratique du Congo (RDC), les femmes rurales jouent un rôle central dans la production alimentaire et le commerce local. Parallèlement au travail dans les exploitations de cacao et de café, de nombreuses femmes produisent des cultures vivrières de base, parmi lesquelles le manioc, le maïs, la patate douce, l'arachide et les légumes, qui tiennent une place essentielle dans la sécurité alimentaire des ménages et sur les marchés régionaux, et qui sont souvent cultivées au sein ou à proximité de plantations de cultures destinées à l'exportation.
Malgré leur importance économique, les PME et coopératives produisant des cultures vivrières qui sont dirigées par des femmes se heurtent à d'importants obstacles entravant leur accès aux marchés régionaux et internationaux.
L'accès limité aux renseignements SPS, à l'acquisition de capacités techniques et aux formations restreint la capacité des femmes de se conformer aux prescriptions en matière de sécurité sanitaire des produits alimentaires, y compris les bonnes pratiques agricoles et bonnes pratiques d'hygiène telles que la méthode HACCP. Des difficultés liées à l'échantillonnage, aux essais et à la documentation entravent en outre leur participation aux marchés, ce qui a pour effet de confiner de nombreuses entreprises dirigées par des femmes aux marchés informels ou de faible valeur.
Un risque important qui n'est cependant pas assez étudié est la contamination croisée des cultures vivrières cultivées par des femmes à proximité de plantations de cacao et de café. Ces cultures sont souvent exposées à des résidus de pesticides, à des mycotoxines et à d'autres contaminants, ce qui compromet la sécurité sanitaire des produits alimentaires, fait peser des risques sur la santé des communautés locales et mine la confiance dans les produits alimentaires faisant l'objet d'un commerce local et transfrontalier. Le manque d'outils de suivi et de capacités techniques permettant de détecter et de gérer ces risques reste un frein majeur à la compétitivité des coopératives dirigées par des femmes.
Ce don pour l'élaboration de projets (PPG) a pour objet l'évaluation des risques et écarts de conformité dans le domaine SPS qui ont des répercussions sur les productions vivrières des coopératives dirigées par des femmes au Cameroun et en RDC, et la mise en place des fondations d'un projet ciblé visant à renforcer la sûreté des échanges. Au titre de ce PPG, il sera procédé à un examen des pratiques de culture, de transformation et de préparation, à une évaluation des risques de contamination croisée, et à un recensement des obstacles liés au genre qui affectent la conformité aux règles SPS. Les activités comprendront la réalisation d'enquêtes auprès de 150 PME et coopératives dirigées par des femmes, une cartographie des risques SPS, la collecte de données de référence, un recensement des parties prenantes et l'étude des perspectives des marchés. Les conclusions viendront éclairer une proposition de projet futur visant à améliorer la sécurité sanitaire des produits alimentaires, à élargir l'accès aux marchés et à renforcer les perspectives des productrices en matière de revenus.