Formation aux normes axée sur le marché

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Date de début 
01/06/2010
Date de fin 
31/12/2012

Formation aux normes axée sur le marché

Le principal objectif du projet était de soutenir la création d'organismes de certification pour valider les compétences personnelles, d'établir des unités de formation SPS, de diffuser l'application des normes SPS et de qualité en dispensant une formation à des groupes d'agriculteurs et d'établir un modèle de certification pour les formateurs dans des domaines spécifiques pour certaines cultures d'exportation.

Les résultats du projet peuvent être consultés ici.

Contexte 

Ces dernières années ont été marquées par la transformation dynamique du secteur l'agricole au Nicaragua. Les deux facteurs qui y ont contribué sont l'augmentation des exportations vers les marchés de l'UE et de l'ALEAC, et le développement des supermarchés, comme Walmart, sur le marché intérieur. Du fait de cette transformation, les agriculteurs doivent maintenant respecter des spécifications plus strictes concernant la qualité et la sécurité sanitaire des produits alimentaires dans le cadre des mesures SPS adoptées au niveau international. Par conséquent, les agriculteurs et les commerçants accordent désormais une plus grande attention à l'application des bonnes pratiques agricoles (BPA) et des bonnes pratiques de fabrication (BPF) pour éviter les risques de contamination et accroître la sécurité sanitaire du produit final, des champs jusqu'au consommateur. Les producteurs sont aussi incités à mieux se conformer aux normes privées pour rester compétitifs. Les importantes possibilités commerciales dont ont bénéficié les petits, moyens et grands groupes d'agriculteurs au Nicaragua risquent de disparaître en raison du manque de connaissances des mesures et de leur application. C'est pourquoi un travail supplémentaire était nécessaire avant le projet pour établir, au niveau national, un service de formation SPS solide, de qualité et orienté vers le marché.

Le projet visait à renforcer la connaissance et l'application des BPA aux niveaux des organismes gouvernementaux, des universités et des coopératives agricoles. Pour cela, il était prévu de faire des démonstrations pratiques à l'intention des agriculteurs au moyen de parcelles pilotes, de dispenser des cours de formation élaborés dans le cadre du projet en partenariat avec les universités, et de certifier les formateurs à l'aide d'un cours uniformisé sanctionné par un diplôme et d'un système de certification des compétences personnelles, également développés dans le cadre du projet.

Résultats 

Évaluation globale

Tout d'abord , le projet a amené les petits producteurs à appliquer les BPA au bénéfice de leur santé, de la sécurité sanitaire de leurs produits et de l'environnement. Les partenaires avec lesquels les producteurs travaillent dans la chaîne d'approvisionnement en bénéficient également du fait de la confiance accrue dans les produits fournis. De plus, le profil SPS du pays a été amélioré, ce qui permet un accès continu à des marchés d'exportation exigeants et donne la possibilité de trouver de nouveaux marchés. Le projet a également permis d'établir une excellente base pour étendre la connaissance et l'application des BPA à d'autres produits et espèces, et de faire un pas en avant vers le renforcement général du système national de gestion des mesures SPS au niveau institutionnel et du secteur privé.

Évaluation de la situation de référence au début du projet

L'étude initiale effectuée au début du projet s'est appuyée sur 13 réunions avec 385 producteurs, assistés par des inspecteurs du MAGFOR. Elle a permis d'identifier les problèmes de production et de commercialisation dans les secteurs de l'arachide, des haricots, de l'okra et des racines et tubercules. Elle a permis en outre d'évaluer la répartition géographique et structurelle des acteurs du secteur et d'avoir une description générale de chacune des organisations concernées par le projet. Les organisations qui devaient recevoir des fonds pour mettre en place des structures sur 35 parcelles pilotes ont été sélectionnées selon des critères précis, comme l'impact, l'adéquation de la stratégie des coopératives avec le projet, les ressources disponibles et le programme annuel. Le mandat a été défini, ce qui a guidé les coopératives dans le choix des sites.

Impact des parcelles de démonstration pilotes

Des contrats entre les coopératives et l'IICA ont été signés et les coopératives ont construit elles‑mêmes les structures, en apportant, dans bien des cas, des fonds supplémentaires – le minimum comprenait un entrepôt de produits agrochimiques, un espace bétonné pour le mélange des pesticides, des toilettes avec savon et douche, des poubelles, des signaux et des équipements de protection individuelle, ainsi que le scellage de puits en cas de besoin. Des contrats ont été signés et des fonds ont été fournis pour onze provinces. La surveillance des travaux de construction a été assurée par des fonctionnaires du MAGFOR, les techniciens des coopératives et le personnel du projet. À la fin, une cérémonie de transfert officiel a eu lieu sur chaque parcelle pilote. Les exploitations ont été officiellement enregistrées auprès du MAGFOR à la fin du projet, avec la possibilité de demander une certification BPA complète. Trente‑cinq parcelles de démonstration pilotes ont été établies et remises à 24 organisations, dont 21 organisations de producteurs, dans différentes parties du pays, et 3 universités dispensant une formation agricole, pour qu'elles servent d'outil d'apprentissage dans le processus d'application des BPA.

Soutien efficace des formateurs à l'application des bonnes pratiques agricoles dans les exploitations

Un programme de diplôme universitaire a été ouvert élaboré avec la coopération des organismes participants. Le cours a été officiellement intitulé par l'UNA "Diplôme en qualité, sécurité sanitaire et traçabilité des produits agricoles". Il portait sur les questions de qualité, de sécurité sanitaire et de traçabilité. Il a permis de former 35 experts nationaux dans ce domaine et de renforcer les compétences de l'Université pour dispenser le cours sur ces questions spécifiques.

Formation réussie des agriculteurs qui appliquent les bonnes pratiques agricoles

Neuf sessions de formation technique agricole ont été organisées selon un protocole visant à transmettre les BPA aux agriculteurs. Il y a eu 6 347 participants et plus de 277 activités distinctes. Le ratio de participation hommes‑femmes était de 3 pour 1 (30% de femmes). La présence des techniciens des coopératives a été essentielle pour tirer un meilleur parti des ressources limitées du projet. Par ailleurs, 39 formations ont été dispensées dans les universités participantes, où 1 043 étudiants ont été formés. Cinq journées de terrain sur les BPA ont été organisées pour permettre aux étudiants de rencontrer les agriculteurs et de visiter des exploitations modèles et d'enrichir ainsi leurs connaissances à travers des discussions sur les questions relatives à l'application des BPA.

Deux organismes prêts à certifier les compétences personnelles

La création de deux organismes de certification des personnes et des compétences nécessitait la mise au point des systèmes de gestion de la qualité requis pour assurer leur fonctionnement, comme le prévoit la norme internationale ISO 17024 pour ce genre d'activité. Soixante‑cinq professionnels ont été formés à la norme ISO 17024 (Certification de personnes), y compris les inspecteurs du MAGFOR et le personnel de l'Institut nicaraguayen de technologie agricole (INTA), de l'IICA et d'universités, comme l'UNA et l'UNAN‑León. Dans le cadre de la mise en place de ces deux organismes de certification des compétences, des échanges et des stages pour les fonctionnaires de l'ONA/MIFIC, du DGPSA, du MAGFOR, de l'UNA et de l'IICA ont été organisés, notamment un voyage d'étude en Argentine, en collaboration avec l'Office argentin d'accréditation, pour assurer une formation à la mise en œuvre de la norme ISO 17024. Malheureusement, les personnes formées ont ensuite été transférées dans un autre département de la DGPSA, ce qui a considérablement entravé les progrès.

Les agriculteurs et les vulgarisateurs disposent maintenant de manuels et de matériels pour l'application des BPA dans les secteurs des haricots, de l'arachide, des racines et de l'okra

Des manuels pour l'application des BPA dans quatre cultures différentes (haricots, arachides, racines et okras) ont été élaborés, ainsi qu'un manuel pour l'application des BPF, des procédures opérationnelles normalisées et du système HACCP dans les installations de transformation. Un autre manuel important a été produit pour guider l'application générale des BPA dans les exploitations, accompagné d'un CD contenant de nombreux documents de référence. De plus, un DVD a été préparé sous la conduite des organismes assurant la vulgarisation, la formation et le renforcement des capacités concernant les BPA. Ce DVD contenait un protocole de formation et une série de manuels, de guides et de publications de référence. Toutefois, il n'a pas été finalisé car il devait faire l'objet d'une révision avant la publication finale.

Évaluation de la performance, de la vision et de la stratégie institutionnelle du secteur public

Une évaluation de la performance, de la vision et de la stratégie institutionnelle a été effectuée dans le cadre de l'évaluation et du renforcement du secteur public. Les résultats ont permis de planifier et de réorienter les mesures phytosanitaires à moyen terme. Des actions ont été identifiées pour améliorer les services fournis aux producteurs concernant la surveillance phytosanitaire et la production sûre, les deux piliers de la facilitation des échanges de produits alimentaires. En raison du caractère sensible des renseignements obtenus, les résultats n'ont pas été rendus publics.

Le matériel élaboré dans le cadre du projet est encore utilisé dans trois universités

Outre les 5 professeurs formés et ayant obtenu un diplôme dans le cadre du projet, quelque 700 étudiants ont ensuite reçu une formation sur les BPA et les mesures SPS, héritage du projet qui aide à établir, au niveau national, un système de production alimentaire plus robuste. Cinq visites d'échanges techniques ont été organisées avec la participation de 60 producteurs et 133 étudiants, afin d'approfondir les connaissances des participants, et de leur montrer l'expérience d'autres groupes de producteurs appliquant les BPA dans leur exploitation. Des contacts étroits ont été maintenus tout au long du projet avec le secteur privé et les universités, ce qui a contribué à la bonne exécution des activités et à l'obtention de résultats durables, et avec d'autres parties prenantes, notamment différents organismes gouvernementaux compétents dans ce domaine.

Recommandations 

Nécessité et utilité d'un soutien continu

La continuité des résultats du projet doit être assurée par l'organisation et le financement d'activités de suivi. On pourrait notamment continuer à soutenir l'Institut de protection sanitaire et phytosanitaire (IPSA) en formant son personnel, étendre les "parcelles modèles" à d'autres zones géographiques et agro‑industrielles, publier des manuels de BPA des cultures plus spécifiques; continuer à former du personnel qualifié, poursuivre le renforcement des capacités en formant des formateurs afin de faire mieux comprendre l'importance des BPA et des mesures SPS, et mener des activités de dissémination pour accroître la visibilité. L'IICA s'est montré très intéressé par l'élaboration et l'exécution d'un projet de suivi.

La priorité devrait être donnée à un projet de suivi qui contribue au développement de l'ONA en tant qu'organe d'accréditation des organismes de certification des personnes. Ce projet devrait être coordonné avec le MIFIC et d'autres donateurs, tels que l'UE, qui travaillent déjà au développement des aspects de normalisation, d'assurance de la qualité, d'accréditation et de métrologie de l'infrastructure qualité.

Le projet n'a pas pu répondre aux nombreux besoins des agriculteurs d'autres régions du Nicaragua qui bénéficieraient grandement de la même approche. Le MAGFOR devrait être aidé à mobiliser des fonds pour un projet de suivi qui engloberait les producteurs de viande bovine et de lait. L'IICA devrait s'adresser au STDF pour obtenir des conseils sur les sources de financement, ainsi qu'aux autres donateurs présents dans le pays.

Mise en œuvre du projet

La large adhésion et la participation directe des organismes gouvernementaux ont suscité l'attention et l'engagement des producteurs, car cela augmentait la crédibilité et le soutien des objectifs visés. L'idée que le résultat serait avantageux à la fois pour les agriculteurs, pour les techniciens et pour les universités a permis d'augmenter considérablement les ressources consacrées au projet par les organismes partenaires, en plus des fonds fournis par le STDF.

Une planification initiale minutieuse des activités a permis d'obtenir de meilleurs résultats. Cela était essentiel étant donné que le projet était réalisé dans l'ensemble du pays, avec la participation de groupes d'agriculteurs et d'universités situés dans des endroits différents. Cela montre aussi que le projet a su s'adapter à des changements imprévus, dus par exemple à des retards dans les arrangements institutionnels, qui ont amené à modifier les plans en cours de route.

Les parties prenantes ont reconnu qu'une équipe de supervision solide et équilibrée était l'un des points forts du projet. Un chef de projet enthousiaste, convaincant et bien connecté a facilité l'engagement des parties prenantes qui ont été associées au processus concret de mise en œuvre des activités, ce qui a permis d'obtenir plus de bonne volonté et de soutien à travers diverses contributions en nature des institutions d'État, par exemple. Cela a également permis renforcer les effets du projet sur le terrain.

La participation des bénéficiaires dès le début du projet à travers l'analyse de référence et les retours directs obtenus lors des nombreuses réunions et activités de formation tout au long de l'exécution du projet ont permis à celui‑ci d'avoir un impact plus important.

La flexibilité dans la mise en œuvre du projet a permis de l'adapter de manière satisfaisante, par exemple lorsqu'une culture, l'okra, n'a plus été considérée comme prioritaire et que l'accent a été mis sur d'autres cultures.

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Reference Number 
STDF/PG/155
Status 
Terminé
Valeur du projet (US$) 
764,644
Contribution STDF (US $)  
560,994
Bénéficiaires 
Nicaragua
Entités de mise en œuvre 
Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture (IICA)
Organismes associés 
Ministère de l'agriculture (MAGFOR), Nicaragua
Office national d'accréditation (ONA), Nicaragua
Université nationale agricole (UNA), Nicaragua