
Le STDF a soutenu ce projet dont le but était de renforcer la compétitivité des exportations de l'Inde en améliorant la sécurité sanitaire et la qualité d'épices clés telles que le cumin, le fenouil, la coriandre et le poivre noir. Le projet, qui mettait l'accent sur le soutien aux producteurs pauvres, en particulier ceux appartenant à des communautés marginalisées exclues de la chaîne de valeur formelle, a aidé environ 1 200 agriculteurs et 40 autres acteurs le long de la chaîne de valeur à produire des épices sûres.
Dans le même temps, ce projet a encouragé la participation des femmes sur un pied d'égalité, y compris les récolteuses, en améliorant les pratiques en matière de sécurité sanitaire des produits alimentaires au moyen de formations sur les bonnes pratiques agricoles et les bonnes pratiques d'hygiène.
Ce projet est le résultat d'un don pour l'élaboration de projets du STDF (STDF/PPG/517).
Au moment de la conception et de la mise en œuvre du projet, la pauvreté demeurait un défi majeur en Inde, économie à croissance rapide dans laquelle une part importante de la population rurale dépendait de l'agriculture pour sa subsistance. Plus de 60% de la population indienne travaillait directement ou indirectement dans l'agriculture. Étant donné la diversité des zones agroclimatiques de l'Inde, l'agriculture pouvait grandement contribuer au développement rural, à l'accroissement des exportations et à la réduction de la pauvreté.
L'Inde produisait chaque année plus de 3 millions de tonnes métriques d'épices. S'il était possible d'accroître encore les exportations, il arrivait que les autorités présentes aux frontières des pays importateurs, par exemple l'Australie, le Japon, les États-Unis et l'Union européenne, rejettent des envois pour des raisons de sécurité sanitaire des produits alimentaires. De nombreux exportateurs n'étaient pas en mesure de satisfaire aux prescriptions en matière d'innocuité des aliments et d'hygiène en vigueur sur les marchés de destination, en particulier pour ce qui était des aflatoxines et des résidus de pesticides. En conséquence, les exportations étaient largement dirigées vers le Moyen-Orient, où les prix plus bas limitaient les revenus potentiels.
Dans ce contexte, le projet du STDF a joué un rôle déterminant en renforçant la sécurité sanitaire des produits alimentaires dans la chaîne de valeur des épices en Inde pour améliorer l'accès aux marchés et soutenir les petits producteurs.
1. Renforcement des capacités et promotion des pratiques durables
Le projet a permis de renforcer la capacité d'institutions publiques, privées et universitaires de dispenser des formations sur la sécurité sanitaire des produits alimentaires. Plus de 150 formateurs et 1 700 agriculteurs (dont 535 femmes) ont été formés aux bonnes pratiques agricoles (BPA) et aux bonnes pratiques d'hygiène (BPH). Les supports de formation normalisés, les vidéos multilingues et les outils innovants tels que les spectacles de rue ont mieux fait connaître ces pratiques et favorisé leur adoption, en particulier dans les communautés marginalisées.
2. Autonomisation des agriculteurs et amélioration de la production
Le projet a aidé plus de 1 200 agriculteurs dans 4 États à adopter des pratiques de production d'épices plus sûres et durables, qui concernaient notamment l'amélioration de l'irrigation, la lutte contre les ravageurs, la gestion après récolte et le stockage. Six organisations de producteurs agricoles (OPA) ont été dotées de systèmes de gestion de la qualité, ce qui a renforcé leur capacité de satisfaire aux normes internationales de certification telles celles de l'IndGAP, réduit les risques de non-conformité et consolidé le positionnement sur le marché.
3. Renforcement des liens avec les marchés
Le projet a renforcé les liens agriculteur-acheteur par le truchement des services des OPA, améliorant ainsi les pratiques de production, la préparation au marché et la qualité des produits. Le nombre d'agriculteurs affiliés à une OPA a plus que doublé, passant de 120 à 284, ce qui a permis aux producteurs d'avoir accès à de plus grands marchés avec plus de stabilité. La tenue de 8 réunions acheteur-vendeur et de 4 ateliers de rachat a conduit à la conclusion de 25 accords formels entre des OPA et des exportateurs, dont le conglomérat indien ITC. Les OPA ont également été incorporées dans les portails nationaux de commerce des épices, étendant encore leur présence sur les marchés. Dans l'ensemble, le projet a contribué à une augmentation de 58% des revenus annuels moyens des producteurs d'épices dans les régions cibles.
4. Amélioration de la sécurité sanitaire des produits alimentaires et du contrôle des résidus
Un programme national de suivi des contaminants et des résidus a été élaboré et mis en œuvre, qui a notamment donné lieu à la modernisation des laboratoires et à la réalisation d'essais sur les résidus de pesticides. Plus de 80% des échantillons d'épices analysés dans le cadre de ce programme respectaient les limites maximales de résidus (LMR) du Codex, ce qui a grandement amélioré le potentiel d'exportation.
5. Effets transversaux et transposition à une plus grande échelle
Le projet a conduit à la conclusion de nouveaux partenariats public-privé, eu des retombées sur d'autres cultures (par exemple les arachides) et servi de base à des initiatives complémentaires lancées par la FAO et la GIZ pour étendre les interventions à d'autres épices et produits. Cette transposition à plus grande échelle met en exergue les effets plus généraux du projet et son utilité pour améliorer la sécurité sanitaire des produits alimentaires en Inde.
1. Développer un réseau de formatrices chargées de diriger des programmes tenant compte des questions de genre
Pour encourager la participation des femmes à la production d'épices et au renforcement des capacités, l'Office des épices et les OPA locales devraient établir un réseau de facilitatrices formées. Les formatrices peuvent faire en sorte que les expériences d'apprentissage soient plus inclusives et parlent davantage au public visé, ce qui permettrait une plus large participation dans les communautés agricoles.
2. Améliorer l'accès aux outils et à l'infrastructure post-récolte
L'accès limité à des intrants post-récolte abordables demeure un problème. L'Office des épices et les administrations de l'État devraient coordonner leurs efforts pour garantir que les agriculteurs puissent se procurer des équipements essentiels tels que des bâches et des outils pour le séchage et la transformation. Le fait d'améliorer l'accès à ces produits peut permettre aux agriculteurs de réduire les pertes et d'accroître la qualité du produit et la valeur commerciale des épices.
3. Compenser la perte de revenus pendant la transition vers une agriculture biologique
La baisse de rendement initiale dissuade souvent les agriculteurs d'adopter des pratiques d'agriculture biologique. Pour promouvoir un changement, le gouvernement et les institutions donatrices devraient envisager d'établir des mécanismes de compensation ou des prix plus élevés pour les agriculteurs en transition. De telles mesures réduiraient les risques, encourageraient l'adoption de ces pratiques biologiques et soutiendraient la durabilité à long terme de la culture d'épices biologiques.
4. Élargir l'accès aux bio-intrants, aux variétés de cultures résistantes et aux services de conseil numériques
L'agriculture intelligente face au climat est essentielle pour l'avenir du secteur des épices. L'Office des épices et les centres de vulgarisation agricole Krishi Vigyan Kendras pourraient promouvoir les bio-intrants et les variétés d'épices résistantes au changement climatique, tandis que des partenaires tels que l'organisation Digital Green Trust pourraient aider à diffuser des outils numériques de gestion des ravageurs au moyen de plates-formes locales, par exemple WhatsApp. Ces outils peuvent donner aux agriculteurs les moyens d'adopter des pratiques plus durables et adaptables.
5. Établir des laboratoires de pointe en matière d'essais sur les marchés de l'APMC
Il est indispensable que des infrastructures d'essais existent au niveau local pour garantir la mise en conformité avec les normes de sécurité sanitaire des produits alimentaires. L'Office des épices et les administrations de l'État compétentes devraient donner la priorité à l'établissement de laboratoires d'essais de pointe sur les marchés du Comité de commercialisation des produits agricoles (APMC). Ces laboratoires permettraient aux agriculteurs de faire facilement analyser leurs produits à la recherche de résidus de pesticides et d'autres contaminants, ce qui garantirait le respect des normes nationales et internationales.
6. Prolonger la durée du projet pour renforcer les effets sur le long terme
Le projet a donné de solides résultats, mais une période de mise en œuvre plus longue aurait permis de renforcer la durabilité. Le fait de prolonger le projet pour couvrir plusieurs saisons de culture pourrait permettre de l'affiner encore, d'assurer un meilleur suivi et de soutenir l'adoption progressive des BPA et des BPH, ce qui aiderait les agriculteurs à s'adapter de façon plus efficace.